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vendredi 22 juin 2012

Les mains réalisées au pochoir avec de la poudre d'ocre de la grotte d'El Castillo en Espagne ont été réalisées il y a au moins 37 300 ans.

Neandertal a peint les premières grottes ornées.




Une nouvelle méthode de datation fait reculer l'âge des peintures rupestres.

Une étude publiée ce vendredi 15 juin dans la revue Sciencerebat totalement les cartes dans la datation des peintures et des gravures rupestres d'Europe de l'Ouest (Espagne, France, Italie). Une équipe de chercheurs anglais et espagnols a appliqué une nouvelle technique de datation basée sur l'uranium, plus performante que celle au carbone 14, la seule utilisée jusqu'alors avec les analyses stylistiques.
L'uranium permet en effet de dater des éléments minéraux tandis que le carbone 14 se limite à la matière orga­nique, comme le charbon de bois que les «artistes» de la grotte Chauvet utilisaient comme crayon. Mais tous les dessinateurs de la préhistoire ne l'utilisaient pas. Du coup, grâce à cette nouvelle technique, toutes les œuvres pariétales peuvent maintenant être datées: mains négatives réalisées au pochoir avec de la poudre d'ocre, signes peints avec des pigments minéraux, gravures, etc. Des projets sont déjà en cours en France.

Le plus ancien des signes peints remonte à au moins 40 800 ans

L'équipe pilotée par Alistair Pike, de l'université de Bristol (Royaume-Uni), a fait un travail considérable. Ils ont prélevé un minuscule échantillon de calcite déposée à la surface de cinquante peintures ou gravures. Et ce, dans onze grottes ornées des Asturies et de Cantabrie, dans le nord de l'Espagne.
Les résultats ont étonné les chercheurs eux-mêmes. D'une part, ils ont découvert que les œuvres à l'intérieur d'une même grotte ont été réalisées à des époques très différentes, de - 41 000 à - 22 000 ans. D'autre part, le plus ancien des signes peints (un cercle rouge dans la grotte d'El Castillo) remonte à au moins 40 800 ans. Or, à cette époque, les hommes modernes (Homo sapiens) n'étaient pas encore arrivés sur le continent européen. «C'est antérieur de 4 000 ans à l'œuvre la plus ancienne connue à ce jour en Europe», souligne João Zilhão, de l'université de Barcelone, l'un des auteurs.
Ces nouvelles datations soulèvent beaucoup d'interrogations. Les plus anciens motifs, comme les mains négatives présentes sur les parois de très nombreuses grottes ornées d'Europe de l'Ouest, pourraient donc avoir été produits par des hommes de Neandertal. «On ne peut pas l'affirmer, mais il y a une forte probabilité», affirme João Zilhão.

Un milligramme suffit

Il pourrait donc y avoir une sorte de continuité entre les signes abstraits dessinés par les néandertaliens et les magnifiques animaux peints par les premiers Homo sapiens, et non pas une rupture radicale comme on le dit souvent. «Même si les résultats présentés dans Science ne constituent pas une preuve que les peintures ont été produites par les néandertaliens, ils montrent que cette hypothèse est tout à fait plausible, sou­ligne Francisco d'Errico, de l'université de Bordeaux. Ils démontrent que l'art pariétal très élaboré de la grotte Chauvet a un long passé derrière lui. En Europe, l'art antérieur à celui de la grotte Chauvet pourrait être fait de représentations abstraites comme on l'observe en Afrique.»
Présent dans l'eau des cavités, l'uranium se dégrade avec le temps, et c'est son taux de dégradation en thorium qui sert d'horloge. On n'obtient pas ainsi de date exacte mais une date minimum, car on ne sait pas à partir de quand le cal­caire a commencé à se déposer sur le dessin une fois l'œuvre terminée. Théoriquement donc, le motif est forcément plus ancien que le dépôt de calcite.
La datation à l'uranium a été mise au point dans les années 1970. Depuis, elle a été continuellement perfectionnée. Au début, il fallait 100 grammes de matière pour avoir des résultats, aujourd'hui un seul milligramme suffit. Devenue non destructive, la technique peut être désormais employée pour dater l'art pariétal: seule une fine pellicule de calcite est prélevée avec un scalpel. L'uranium présent dans l'échantillon est compté au laboratoire, atome par atome, au moyen d'un spectromètre de masse. Autre avantage: du fait des contaminations, la datation au C14 donnait parfois des résultats différents pour la même peinture. Ce risque est écarté avec l'uranium. L'histoire de l'art pariétal va être révisée dans les prochaines années.

L'Asie du Sud, berceau des premiers primates...

Définition de primates:

Un des 18 ordres de mammifères caractérisé par :

- des yeux frontaux permettant une vision binoculaire à mettre en rapport avec un développement important des aires visuelles cérébrales ;

- des membres à 5 doigts terminés par un ongle plat ;

- des mains préhensiles avec les pouces opposables.

Les primates apparaissent à la fin de l'ère secondaire, il y a environ 70 millions d'années. Il faudra attendre la dernière partie de l'ère tertiaire pour que des primates marchent debout.


par Yves Miserey

La découverte en Birmanie de molaires appartenant à un primate vieux de 37 millions d'années confirme que cette grande famille est d'abord apparue en Asie. De là, ces animaux auraient colonisé l'Afrique où ils auraient évolué jusqu'aux ancêtres de l'homme.

Un nouvel ancêtre des primates datant de 37 millions d'années a été découvert en Birmanie par une équipe franco-birmane d'archéologues pilotée par Jean-Jacques Jaeger, de l'université de Poitiers. Les pièces exhumées n'ont matériellement rien de spectaculaire puisqu'il s'agit seulement de quatre molaires. Elles apportent toutefois de nouveaux éléments dans le débat sur le peuplement de notre planète par les premiers anthropoïdes auxquels sont rattachés les primates actuels, singes, grands singes et humains. L'étude est publiée en ligne le 5 juin 2012 dans la Revue de l'académie des sciences américaines (PNAS).

Le tout petit anthropoïde devait ressembler aux tarsiers qui peuplent encore aujourd'hui les forêts des Philippines. «Pesant entre 100 et 200 grammes, il vivait dans les arbres et se nourrissait d'insectes», suppose Jean-Jacques Jaeger. Ces très anciens animaux possédaient déjà certains traits caractéristiques des primates: deux incisives, une cloison orbitale et les yeux positionnés vers l'avant.
Cette découverte s'inscrit dans une problématique très particulière. Depuis une vingtaine d'années, plusieurs fouilles archéologiques ont révélé que les premiers primates sont apparus en Chine et en Asie du Sud. En effet, c'est dans cette vaste région seulement qu'on les retrouve à des époques très reculées, leur présence sur le continent africain étant postérieure. Comment expliquer ce décalage dans le temps? Y a-t-il eu colonisation de l'Afrique par les espèces asiatiques? Comment et quand s'est elle produite? On n'en sait rien évidemment.

Or les quatre molaires birmanes ressemblent beaucoup à d'autres dents d'anthropoïdes, datant elles aussi de plus de 30 millions d'années, et découvertes en 2010 en Libye par une équipe de l'université de Poitiers. «À notre grande surprise, on s'est aperçu qu'elles avaient une forme quasi identique», savoure Jean-Jacques Jaeger. «Pour la première fois, une découverte paléontologique suggère donc une connexion aussi bien temporelle que morphologique entre les faunes d'anthropoïdes primitifs d'Asie et d'Afrique», explique le chercheur. Reste à savoir comment ont pu se produire ces déplacements d'animaux à une époque où les deux continents étaient séparés par une mer (la Thétys) plus large que la Méditerranée actuelle. «Tous les mammifères se sont toujours beaucoup déplacés au cours des millions d'années», ne manque pas de souligner Jean-Jacques Jaeger.

Les dépôts sédimentaires de Pondaung, au centre de la Birmanie, sont fouillés chaque année depuis 1998. Ils ont déjà livré plus de 60 primates fossiles, la plupart d'entre eux appartenant à des espèces de grande taille. Jean-Jacques Jaeger et son équipe y ont découvert aussi de très nombreux fossiles appartenant à d'autres mammifères comme des rongeurs, les primates étant beaucoup plus rares.