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jeudi 15 novembre 2012


Élections scolaires en 2014

La FCSQ souhaite toujours la tenue d’élections scolaires et municipales simultanées Québec, le 10 novembre 2012 – La Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) réserve un accueil mitigé à l’annonce faite par la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, vendredi en fin de journée, quant à la tenue d’élections scolaires en 2014.
« Nous aurions souhaité que les conditions soient en place pour que des élections scolaires et municipales se tiennent simultanément en 2013, et les sondages nous indiquent que c’est ce que la population souhaitait également, mais l’inaction du précédent gouvernement dans ce dossier rend la chose pratiquement impossible », a reconnu la présidente de la FCSQ, Josée Bouchard.

Dès 2007, la FCSQ avait mis de l’avant la proposition de tenir des élections scolaires et municipales simultanées afin de valoriser davantage la démocratie auprès de la population. « Des élections simultanées permettraient aux électeurs d’être mieux informés des enjeux en cause, de diminuer le nombre de rendez-vous électoraux, d’entraîner des économies d’échelle et, ultimement, de diminuer le cynisme de la population envers les élus et la politique et d’augmenter le taux de participation. Ce sont les électeurs qui sortiraient gagnants de cet exercice démocratique », a rappelé la présidente de la FCSQ. Mme Bouchard tient toutefois à souligner l’intérêt manifesté par la ministre Marie Malavoy pour cette proposition, qui était d’ailleurs incluse dans la plateforme électorale de son gouvernement, et l’invite à poursuivre sa réflexion.

Élections scolaires sous le signe du renouvellement

La présidente de la FCSQ précise que l’annonce de la tenue d’élections scolaires en 2014 est tout de même accueillie favorablement par les commissions scolaires, puisqu’elle met fin à l’incertitude qu’avait créé l’absence de suivi au projet de loi no 86, qui reportait la tenue des élections scolaires de 2011. Ces élections seront l’occasion de mettre en application les modalités prévues par la Loi modifiant la Loi sur l’instruction publique adoptée en 2008 (projet de loi no 88), qui prévoit notamment une diminution du nombre de commissaires scolaires et l’élection des présidents au suffrage universel.

« L’adoption de cette loi était accompagnée d’un engagement de revoir les conditions d’exercice des élus scolaires qui sont présentement inéquitables par rapport à celles des élus municipaux, a rappelé la présidente de la FCSQ. Je demande donc au ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne d’inclure les élus scolaires dans sa vaste réflexion sur le financement des partis politiques et à son gouvernement de mettre en oeuvre dans les plus brefs délais un groupe de travail qui se penchera sur l’analyse des conditions d’exercice des futurs élus scolaires ».

Mme Bouchard souligne également que la tenue d’élections scolaires en 2014 permettra aux commissions scolaires de compléter les travaux entamés avec le plan d’action Pour un renouvellement des commissions scolaires. « La démocratie scolaire est un joyau qu’il faut chérir et nous nous sommes engagés à l’améliorer. Et en participant aux élections scolaires, les citoyens peuvent contribuer eux aussi à l’amélioration continue de notre système public d’éducation ».

Élections scolaires et municipales simultanées en 2017

La FCSQ réitère qu’elle souhaite toujours la tenue d’élections scolaires et municipales simultanées. Parallèlement aux travaux qui mèneront à la tenue d’élections scolaires en 2014, la Fédération demande donc au gouvernement d’entreprendre des démarches très rapidement en vue de la réalisation d’un scrutin simultané en 2017. « J’espère que nous ne répéterons pas les erreurs du passé! J’invite le gouvernement à réunir les commissions scolaires, les municipalités et le Directeur général des élections afin que débutent immédiatement les travaux dans le meilleur intérêt des électeurs et de la démocratie », a conclu Josée Bouchard.
La Fédération des commissions scolaires du Québec regroupe les 60 commissions scolaires francophones du Québec ainsi que la Commission scolaire du Littoral. Les commissions scolaires sont des gouvernements locaux qui veillent à la réussite scolaire de plus d’un million d’élèves en assurant des services éducatifs au primaire, au secondaire, en formation professionnelle et à l’éducation des adultes. Elles offrent aussi des services efficaces et essentiels, notamment en matière de ressources humaines et de ressources matérielles et financières. De plus, les commissions scolaires ont la responsabilité de répartir équitablement les ressources entre leurs établissements et de rendre accessible, en tout temps, un transport scolaire sécuritaire.

Source : Caroline Lemieux
Attachée de presse
Fédération des commissions scolaires du Québec

vendredi 6 avril 2012

La belle vie

Merci Madame Ouimet.
(et un merci à Monsieur Lagacé qui m’a permis de vous lire).


Et s'ils ne sont pas capables de s'entendre avec leurs nouveaux commettants, d'attendre les prochaines élections qui sont près d'être enclenchées de toute façon pour débattre collectivement de ce choix de société proposé par la nouvelle génération montante. Si leur vision s'avère irréaliste, il sera toujours temps de se prononcer collectivement sur le sujet.

Suite aux prochaines élections, il y en aura sûrement qui seront capables de se mettre en mode écoute et d'échange, et gouverner de façon responsable en s'assurant que l'autoroute de l'éducation au Québec ne soit pas bloquée par de mauvaises décisions irréfléchies.

Les jours passent et on se dirige droit dans le mur de l'entêtement. Hé ho! Réveillez-vous, Monsieur Charest, avant que l'irréparable ne se produise. L'auto en marche est maintenant sur l'accotement. Il ne suffit pas d’avoir les deux mains sur le volant, encore faut-il avoir les yeux ouverts. Des centaines sinon des milliers de jeunes risquent de mettre leur avenir en péril au prix de la bêtise. Réagissons avant qu'il ne soit trop tard.

À moins que tout cela ne soit prémédité depuis longtemps par les stratèges politiques pour exploiter cette crise comme prétexte à gagner des votes aux prochaines élections. Je n’ose croire à quelque chose d’aussi machia...calculateur.






Michèle Ouimet
La Presse


Comme ça, des étudiants en grève osent boire de la sangria sur une terrasse à Outremont.
C'est ce que Richard Martineau, chroniqueur-vedette au Journal de Montréal et à LCN, a écrit sur Twitter: «Vu sur une terrasse à Outremont, cinq étudiants avec carré rouge mangeant, buvant de la sangria et parlant au cellulaire. La belle vie.»

Invité dimanche à l'émission Tout le monde en parle, Richard Martineau s'est expliqué. Ce qui est scandaleux, a-t-il précisé, ce n'est ni la sangria ni le cellulaire, mais Outremont.

Pourquoi Outremont? La sangria s'y vend-elle plus cher? Outremont est-il un territoire sacré que seuls les riches peuvent fouler? Richard Martineau n'a pas développé sa pensée. «Pensée» est un grand mot: coup de gueule serait plus juste.
Les propos caricaturaux de Richard Martineau sont symptomatiques d'une condescendance affichée par certains politiciens et journalistes. Le ton est paternaliste, teinté d'un brin de mépris. On traite les étudiants d'enfants gâtés qui refusent de payer leur juste part, de futurs médecins qui vont rouler sur l'or et qui osent demander aux travailleurs de payer pour leur éducation. Honte à eux.

Enfants gâtés, les étudiants? Loin de là: 40% ne reçoivent aucune aide financière de leurs parents; 80% travaillent et étudient à temps plein; la moitié gagne moins de 12 200$ par année; les deux tiers n'habitent pas chez leurs parents; le quart d'entre eux hériteront d'une dette frôlant les 18 000$ à la fin de leur baccalauréat.

Ces chiffres sont tirés d'une étude réalisée par la Fédération étudiante universitaire (FEUQ) en 2010. Personne ne les a contestés.

Richard Martineau aurait dû potasser un peu son sujet avant de déchirer sa chemise, mais il aurait gâché l'effet de toge de son coup de gueule. Hé oui, des étudiants boivent de la sangria, et certains poussent l'audace jusqu'à s'aventurer à Outremont. Avec un cellulaire, en plus. Et alors? Ça n'enlève rien à la légitimité de leur grève. Doivent-ils s'habiller comme des gueux pour être pris au sérieux?
Il faut en finir avec le gel, répètent les politiciens, sauf que le gel n'existe plus depuis cinq ans. Un autre mythe qui a la vie dure. En 2007, le gouvernement a augmenté les droits de scolarité de 50$ par semestre. Depuis, la facture est passée de 1668$ à 2168$, une hausse de 30%. Où ça, le gel?
Québec vient de décréter une nouvelle hausse, 75% étalée sur cinq ans. Les droits vont presque doubler, grimpant de 2168$ en 2012 à 3793$ en 2017. C'est vrai que les droits ont été gelés pendant de longues années, mais depuis 1989, ils explosent. Ils sont passés de 547$ à 2168$, une hausse de 300%.

Le programme de prêts et bourses a été bonifié, sauf que l'endettement, aussi, sera automatiquement «bonifié». Plus de prêts = plus de dettes. Facile à comprendre.

De 1960 à 1990, le Québec a fait le choix de maintenir les droits de scolarité autour de 500$. Le but: pousser les jeunes à fréquenter l'université, chasse gardée d'une élite. Le succès est spectaculaire. En 1962, 23 000 étudiants fréquentaient l'université. Aujourd'hui, ils sont 266 000, un bond de 1000%.
Mais les acquis restent fragiles. Il ne faut pas compromettre ces progrès en augmentant de façon sauvage les droits de scolarité. Une indexation, à la limite, mais 75%, c'est indécent.

Certains groupes de droite, comme les lucides de Lucien Bouchard et CIRANO, prêchent en faveur d'une hausse différenciée des droits de scolarité, soit une grosse facture pour médecine, droit, gestion et autres médecine dentaire et pharmacie. Leurs arguments: ce sont des facultés qui coûtent cher, et les futurs diplômés vont empocher de bons salaires. À eux d'essuyer le gros de la hausse. Épargnons les petits - sociologie, philosophie, littérature - qui, eux, hériteraient d'une hausse plus modeste.
Sauf que cette solution comporte son lot d'effets pervers. Seuls le Québec et Terre-Neuve ont des droits égaux pour tous. Ailleurs, c'est le fouillis. À l'Université de Toronto, par exemple, les droits varient de 8000$ à 41 000$ par année. Qui est prêt à payer 30 000$ et plus? L'élite de l'élite? La crème de la crème?

La ministre de l'Éducation, Line Beauchamp, a tourné le dos à cette solution. Une bonne décision. C'est bien la seule.


lundi 2 avril 2012

Combien ça rapporte, un diplômé?

Et s'ils ne sont pas capables de s'entendre avec leurs nouveaux commettants, d'attendre les prochaines élections qui sont près d'être enclenchées de toute façon pour débattre collectivement de ce choix de société proposé par la nouvelle génération montante. Si leur vision s'avère irréaliste, il sera toujours temps de se prononcer collectivement sur le sujet.

Suite aux prochaines élections, il y en aura sûrement qui seront capables de se mettre en mode écoute et d'échange, et gouverner de façon responsable en s'assurant que l'autoroute de l'éducation au Québec ne soit pas bloquée par de mauvaises décisions irréfléchies.

Les jours passent et on se dirige droit dans le mur de l'entêtement. Hé ho! Réveillez-vous avant que l'irréparable ne se produise. L'auto en marche est maintenant sur l'accotement. Des centaines sinon des milliers de jeunes risquent de mettre leur avenir en péril au prix de votre bêtise. Réagissons avant qu'il ne soit trop tard.

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(Montréal) Nombre de détracteurs du gel des droits de scolarité universitaire estiment qu'il est inéquitable de faire supporter ce gel par l'ensemble des contribuables. Leur principal argument? Le gouvernement du Québec n'a pas à éponger à même les impôts de tous ses contribuables le manque à gagner que représente le gel des droits de scolarité.
Ils trouvent notamment odieux de faire payer ce gel par la masse de non-diplômés universitaires que l'on retrouve chez les petits salariés de divers secteurs (construction, manufacturier, financier, etc.), les employés de bureau, les retraités, les familles monoparentales, etc. C'est scandaleux, affirment certains, de faire payer les gens à faible revenu pour permettre à de futurs diplômés de gagner des revenus élevés.
Beaucoup de désinformation a circulé dans le but de miner la bataille des étudiants qui s'opposent à la hausse prochaine des droits de scolarité. Permettez-moi de remettre les pendules à l'heure... juste! Avec quoi? Avec des statistiques, simple question d'éviter que les émotions prennent le dessus sur les chiffres.
Commençons avec les statistiques fiscales des particuliers. La dernière année d'imposition provinciale disponible est celle de 2009, dont le rapport vient d'être rendu public par le gouvernement du Québec.
Sur les 6,2 millions de contribuables qui ont produit leur déclaration, à peine 2,8 millions ont réellement payé de l'impôt, soit 45% de l'ensemble des contribuables. Ils se sont partagé une facture totale d'impôt provincial de 16,9 milliards de dollars. Ce chiffre tient évidemment compte des nombreux crédits d'impôt remboursables (pour 4,1 milliards) que le gouvernement du Québec verse aux familles avec enfants (crédits de soutien aux enfants, des droits de garde); aux gens défavorisés (crédits pour la TVQ, les impôts fonciers, les frais médicaux, etc.); aux personnes âgées (crédit pour maintien à domicile).
C'est donc dire qu'au bout du compte, il y a 55% des contribuables québécois (soit 3,4 millions de contribuables) qui n'ont pas versé un cent d'impôt net. Ils se retrouvent pour la très grande majorité dans la catégorie des revenus inférieurs à 30 000$. Parenthèse: c'est grâce aux crédits d'impôt remboursables que ces moins nantis ont pu finalement se partager une aide financière (nette d'impôt) de quelque 1,8 milliard.
Cela dit, regardons maintenant qui paie la fameuse facture des 16,9 milliards d'impôts des particuliers.
Les contribuables gagnant entre 30 000$ et 49 999$ de revenu ont assumé 21% de la facture fiscale alors qu'ils représentent 23,1% des contribuables. Ils ont versé en 2009 la somme totale de 3,55 milliards d'impôts.
Pour leur part, les citoyens gagnant de 50 000$ à 99 999$ représentaient 18,1% des contribuables. Mais ils ont épongé presque la moitié (47,7%) de la facture fiscale: ils ont payé 8,1 milliards d'impôt provincial.
Bien qu'ils ne soient que 250 000 à gagner plus de 100 000$ au Québec, nos «riches» contribuables ont versé en impôt provincial la jolie somme de 6,9 milliards de dollars. Même s'ils ne représentent que 4,1% des contribuables, ils assument presque 41% de la facture de l'impôt des particuliers.
Si vous faites le décompte, vous constaterez que ces 45% de contribuables ont finalement versé 18,5 milliards d'impôts, soit 1,6 milliard de plus que la facture nette de 16,9 milliards. Il faut savoir que ce 1,6 milliard supplémentaire a été transféré en aide gouvernementale directe aux plus démunis, soit les gens gagnant 20 000$ ou moins.
Qui donc serait appelé à assumer la grosse part du manque à gagner d'un gel des droits de scolarité? Eh oui! les contribuables qui gagnent 50 000$ et plus, et plus particulièrement les riches de 100 000$ et plus.
Seront-ils pour autant vraiment perdants à financer collectivement le gel des droits de scolarité? On parle ici d'une somme de 1625$ par année universitaire, à partir de 2016. Non!
Pourquoi? Parce que les diplômés universitaires, une fois rendus sur le marché du travail, vont faire partie des vaches à lait de la fiscalité québécoise. Ce sera un renvoi d'ascenseur.
Selon la dernière étude disponible (décembre 2008) sur «Le taux de rendement du baccalauréat: pour les diplômés et pour l'État», réalisée par Marius Demers, économiste au ministère de l'Éducation, le détenteur d'un diplôme universitaire va payer au cours de sa vie active énormément plus d'impôts et de taxes que les non-diplômés.
D'après cette étude, le diplômé type d'un bac verse pendant sa vie active (17 à 64 ans) la somme de 916 043$ en taxes et impôts.
C'est 379 187$ de plus que le détenteur type d'un diplôme d'études collégiales. Par rapport au détenteur d'un diplôme d'études secondaires, l'écart grimpe à 503 668$. Et face au non-diplômé de l'école secondaire? Rien de moins que 644 277$.
Ma chronique de lundi dernier, «Gel des droits de scolarité: un bon placement gouvernemental», a généré beaucoup de commentaires tranchants. Les étudiants en grève et leurs supporteurs ont grandement apprécié mon appui. Mais chez les farouches opposants au gel des droits de scolarité, plusieurs trouvent que je suis carrément dans les patates en alléguant que c'est payant pour la société de financer les études universitaires.
J'espère que les chiffres fiscaux les convaincront.

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