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dimanche 31 août 2014

Si les profs pouvaient...








C'est en septembre que ça se décide. Parfois même dès le premier cours. La cloche sonne. Trente élèves s'assoient à leur pupitre. Trente paires d'yeux fixent la porte de la classe. Impatients de savoir de quoi a l'air le prof. Parfois sa réputation le précède et elle entre en premier. Les jeunes ont déjà peur. Les plus vieux leur ont dit qu'ils allaient passer par là. Ça peut aussi être le contraire. Les jeunes sont déjà turbulents. Baveux. Les plus vieux leur ont dit que c'était un mou.
Le professeur arrive, les élèves l'analysent. Ils le scannent de la tête aux pieds. Sa démarche, son habillement, ses cheveux, son poil aux oreilles, son manucure, ses mèches, son parfum, son accent, ses tics. Ils n'ont que ça à faire. Le regarder. Durant toute la période. Alors ils le font. Quand le premier cours est terminé, leur idée est faite. Ils vont aimer ou pas le français, les mathématiques, la chimie, la biologie, la géographie ou l'éducation physique selon qu'ils aiment ou n'aiment pas M. Proulx, Mme Boily, M.Dutil ou Mme Bernier.
Je me demande à quel point les profs sont conscients que l'école c'est eux. Ce sont eux les stars. Ils sont les Guy A. Lepage, Julie Snyder, Marc Labrèche, Louis-José Houde de leur matière. Ce sont eux qui l'animent. Ce sont eux qui y donnent vie. Qui rendent ça intéressant ou ennuyant. Qui partagent leur passion. Si le prof est sur le pilote automatique, le cours va crasher, c'est sûr. Mais si le prof fait de la haute voltige à la Luchini, en récitant des vers ou en déclamant ses dictées, les élèves seront au septième ciel. Bien sûr, personne n'est condamné à être génial. Les profs sont comme les sportifs, les politiciens, les plombiers, les chroniqueurs, ils font ce qu'ils peuvent avec ce qu'ils ont.
Mais on ne devient pas cuisinier si on n'aime pas manger. Alors on ne devient pas professeur si on n'aime pas enseigner. Si on n'aime pas donner un cours. Donner une représentation. Pas besoin que le cours de physique devienne un spectacle du Cirque du Soleil, il faut juste que les élèves sentent que leur maître trippe sur la matière. Ça prend de l'entrain. De l'enthousiasme.
Combien d'heures j'ai passé à dessiner des bonshommes dans mon cahier parce que le prof lisait ses notes sans lever les yeux. Monotone. Fatigué. Résigné. Le courant ne passait pas parce que le prof était en panne. D'inspiration. Il n'y a qu'une seule façon d'apprendre, c'est en aimant. Si on ne fait pas aimer aux élèves ce qu'on leur demande de retenir, ils ne s'en souviendront jamais. L'indifférence n'a pas de mémoire.
Si j'aime autant écrire, c'est beaucoup à cause de Mme Lamoureux au primaire, M. Saint-Germain au secondaire et de M. Parent au cégep. Des profs qui l'avaient. Ce n'était pas des bouffons. Oh que non. Mais leur vocation était sincère et bien visible. Car c'est de cela que l'on parle. Tenir assis sur des sièges une trentaine de ti-culs pendant toute une journée, faut le faire. Même les parents ont de la misère à captiver leurs enfants durant un week-end. Imaginez durant une semaine, des étrangers se relayent pour essayer de transmettre connaissances, culture et savoir-vivre à un auditoire qui ne rêve qu'aux vacances de Noël. Faut le faire.
Et il n'y a qu'une seule façon de le faire. Pour intéresser, il faut être intéressant. Bien sûr, il y aura toujours des cancres qui resteront insensibles à un cours d'anglais même si c'était Angelina Jolie ou Brad Pitt (c'est selon) qui l'enseignait. Mais la grande majorité des élèves ne demandent pas mieux que d'embarquer. Encore faut-il que le monsieur ou la dame en avant veuille les mener plus loin que la fin du cours. Plus loin que la charge de travail imposée.
Le Québec est le royaume du décrochage. C'est peut-être parce que les jeunes ne sont jamais accrochés. C'est plate, mais c'est aux adultes de le faire. Les médecins ont la responsabilité de guérir les patients. Les profs ont le devoir d'intéresser les élèves. C'est bête de même. C'est beau de même.
C'est sûrement la plus noble des tâches. Permettre à un individu de grandir. Dans tous les sens du terme.
Si c'est le devoir des profs de stimuler leurs élèves, c'est le devoir de la société de stimuler les professeurs. En valorisant leur tâche. En structurant les écoles autour de leur talent. En leur permettant d'être imaginatifs.
Un professeur peut changer la vie de quelqu'un. Peu de gens ont ce pouvoir. Il peut être un allumeur de réverbères. Comme il peut être un éteignoir.
C'est en aidant les professeurs à être meilleurs que les élèves le seront. C'est la seule réforme possible.
L'école, qu'elle s'appelle l'école Champlain, l'école Élan ou l'école Sainte-Jeanne-D'arc, c'est l'école Pierre Dubois, c'est l'école Mlle Provencher, c'est l'école Virginie. C'est l'école des professeurs.

Quelqu'un devrait l'apprendre aux directeurs de commissions scolaires et aux sous-ministres.

jeudi 20 mars 2014

Des trisomiques rassurent une future mère - le syndrome de Down

Journée mondiale du syndrome de Down - 21 mars

"Il pourra parler et te dire qu'il t'aime. Il pourra aller à l'école comme tout le monde. Il sera capable d'apprendre et d'écrire", racontent-ils dans une vidéo postée par l'association Coordown qui milite pour l'intégration des trisomiques dans la société.

dimanche 2 mars 2014

Comme une bombe


Ces enfants qui nous gênent...



Série de témoignages de parents d'enfants atteints de maladies mentales, recueillis par la Fondation des Petits Trésors à l'occasion de la semaine pour la santé mentale.
Une idée originale d'orangetango
Production : orangetango et Shoot Studio
Réalisation : François Méthé et Martin Talbot
Direction photo : Jean-François Gratton / shootstudio.ca
Musique : Samuel Laflamme
Mix sonore : Audio Z
Montage : Claude Antoine Guibord
Preneur de son : Simon Brien

re: http://vimeo.com/4980569

file:///C:/Users/Art_image/Downloads/comme_une_bombe_640x368.mp4

vendredi 27 septembre 2013

« Avions-nous d’autre choix que celui d’augmenter la taxe scolaire ? »




Par Madame Jeanne-Mance Paul
-        L’auteure est présidente de la Commission scolaire des Chênes


Madame Pauline Marois, Première ministre du Québec,

Les derniers mois ont suscité chez-nous, à la Commission scolaire des Chênes, des sentiments diamétralement opposés.

D’une part, nous avons vécu la joie découlant d’annonces d’investissements majeurs dans notre région. Je pense ici à la construction d’une troisième « nouvelle école » sur notre territoire et à la mise en place d’un programme de mécanique de véhicules lourds en formation professionnelle.

D’autre part,  malheureusement, vos récentes sorties publiques au sujet des hausses de la taxe scolaire, ainsi que les reproches que vous avez adressés aux commissions scolaires à ce sujet, suscitent chez-nous étonnement, amère déception et indignation bien légitimes.

Je vous soumettrai d’entrée de jeu que vos propos ont eu un effet passablement démotivant sur l’ensemble de notre personnel (particulièrement celui qu’on qualifie « d’administratif »).

Ces femmes et hommes qui se dévouent quotidiennement à la cause de l’éducation publique y ont perçu une sorte de désaveu qu’ils ne méritent vraiment pas. Ils cumulent plusieurs fonctions, sont « surchargés » et en sont rendus à se questionner sur la place qu’occupe l’éducation publique dans la liste des priorités de votre gouvernement. Et voilà qu’on les accuse d’être de mauvais gestionnaires.

Sachez que, tous autant que nous sommes autour de la table du conseil des commissaires de la Commission scolaire des Chênes, nous réalisons bien que les contribuables qui ont reçu leur compte de taxe et qui ont constaté la hausse qui leur est imposée, réagissent. En toute franchise, j’ose dire qu’ils n’ont pas tort, parce que, nous aussi, comme élus, avons vivement réagi… et continuons de le faire. 

Ce n’est pas de gaieté de cœur que nous avons annoncé, en juin dernier, que cette hausse de taxe planait au-dessus de nos têtes… et vous en étiez bien informée. C’est même contre notre gré que nous avons fait ce choix, après avoir bien pesé tous les « pour », tous les « contre » et après avoir mis sur la table tous les scénarios envisageables. Sachez que nous aurions voulu qu’il en soit autrement.

Votre gouvernement a décidé de sabrer 200 millions de dollars dans les subventions de péréquation versées aux commissions scolaires. Chez-nous, cela représente 3,6 millions $ en moins ! Pour faire image, je vous dirais que même si on décidait de « raser » notre centre administratif au grand complet, nous n’arriverions pas à récupérer les 3,6 millions perdus en financement.

En fait, cela fait maintenant trois ans que nous subissons des compressions majeures dans le réseau de l’éducation. Uniquement pour notre commission scolaire, cela représente des ponctions de l’ordre de 3 millions $ et la suppression de 30 postes administratifs.

Aujourd’hui vous nous reprochez de ne pas avoir suffisamment réduit nos dépenses de nature administrative. J’ose vous rappeler que le gouvernement du Québec nous impose, depuis trois ans, une réduction de nos « dépenses administratives » de 10 %.

Des données provenant du Conseil exécutif du gouvernement du Québec (une source crédible s’il en est une), démontrent que la Commission scolaire des Chênes a réduit ces mêmes dépenses de 26,3 %, dépassant de loin la cible imposée par Québec. Elle figure au 4e rang des « bons élèves » à cet égard, comme le titrait La Presse, dans son édition du 17 septembre 2013.

En toute humilité, Madame Marois, nous considérons avoir fait nos devoirs !

Or, nous devons subir l’odieux de devoir taxer davantage les contribuables, pour boucler notre budget… ET NON POUR AUGMENTER NOS DÉPENSES… que cela soit bien clair !

Permettez-moi de rappeler ici à quoi sert la taxe scolaire. Elle permet de répondre aux besoins locaux et de s’assurer de l’équité des services sur l’ensemble du territoire que nous desservons. À l’instar de nos pairs, nous devons, par l’entremise des revenus de la taxe; financer du personnel, comme les directions, les secrétaires, les concierges des écoles et des centres, une partie du transport scolaire, l’informatique et l’entretien des immeubles. Ces dépenses, vous en conviendrez, sont incontournables.

Par ailleurs, j’ose espérer que vous vous dissociez des discours du deuxième groupe de l’opposition. Comme ancienne ministre de l’Éducation, nous nous attendons à ce que vous dénonciez la campagne de désinformation que mène la CAQ et qui laisse croire aux contribuables que les commissions scolaires nagent dans les surplus et qu’elles sont au-dessus de leurs affaires. 

Vous, mieux que quiconque, savez que les surplus des commissions scolaires comprennent les actifs, comme les terrains, les bâtiments, de même que des réserves pour le financement des programmes sociaux des employés (comme les retraites).

Une fois qu’on a fait abstraction de ces éléments, les surplus ont fondu comme neige au soleil. Pis encore, on nous empêche d’utiliser plus de 32 % du surplus qui nous reste pour faire face à nos obligations.  Ajoutons à cela que nous n’avons pas le droit de faire de déficit et que nous ne devons pas amputer les services aux élèves (loin de nous cette idée!)… et le portrait est complet.

À la fin de tout ça, je me désole de constater que l’éducation publique fait l’objet de la course au déficit zéro, que d’année en année, le gouvernement nous demande de nous serrer la ceinture et nous laisse le soin de refiler la facture aux contribuables. Croyez-moi, c’est là un choix peu enviable que les élus scolaires n’ont vraiment pas souhaité.

Malgré tout cela, nous nous efforçons à tout mettre en œuvre pour préserver ce que nous avons de plus précieux : les services offerts à nos élèves… et la réussite de ceux-ci.

En terminant, je vous assure de notre disponibilité dans l’éventualité où vous jugeriez opportun de nous rencontrer pour échanger avec nous sur le sujet. Cette invitation s’étend bien sûr à votre collègue ministre responsable de notre région, M. Yves-François Blanchet, qui, soit-il dit en passant, n’est pas avare de ses visites en nos murs et manifeste régulièrement son intérêt pour nos différents projets et défis, ce qui est fort apprécié de notre part.

Je vous prie de croire, Madame Marois, en mes sentiments les meilleurs.

Jeanne-Mance Paul, présidente

Commission scolaire des Chênes

mardi 20 août 2013

Violence à l’école : c’était pas mieux avant


Elsa Fayner | Journaliste Rue89


Une lycéenne de 18 ans, interne dans un établissement privé de Marseille, s’est donné la mort par pendaison dans la nuit de mardi à mercredi.
Au même moment, Grant Accord, un lycéen américain, était inculpé : la police avait découvert un stock d’explosifs et d’armes chez lui, dans l’Oregon, avec lequel il projetait d’attaquer son établissement.
En Alsace, mi-mai, un adolescent menaçait sur Internet de commettre une tuerie dans son ancien lycée. Tout le département retenait son souffle ; jusqu’à aujourd’hui, la police ne l’a pas retrouvé et ne sait pas s’il était sérieux.
Spectaculaire et angoissant. D’autant plus que ces événements viennent s’ajouter à une liste de tueries, tentatives ou menaces, on ne sait plus bien. L’école n’est plus un sanctuaire, c’est certain. Mais l’a-t-elle jamais été ?
Chateaubriand : « Des compas au bout de cannes »
Claude Lelièvre, historien de l’éducation, s’est plongé dans la littérature relatant les années d’école de nos ancêtres. Et ça n’était pas joli joli.
Au XIIIe siècle, par exemple, les étudiants de la Sorbonne se battaient beaucoup, à mains armées de surcroît. Contre les Parisiens, la police du Prévôt de Paris, et même, en 1278, les moines de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés.
A la fin du XVIIIe siècle, Chateaubriand raconte des affrontements plus que risqués avec ses condisciples du collège de Rennes, dans ses « Mémoires d’outre-tombe ». Sur le ton de l’anecdote :
« Je pris sur mes nouveaux camarades l’ascendant que j’avais eu au collège de Dol : il m’en coûta quelques horions [coups sur la tête, ndlr]. Les gamins bretons sont d’une humeur hargneuse : nous nous servions de compas de mathématiques attachés au bout d’une canne, ou nous en venions à une lutte corps à corps plus ou moins félone, selon la gravité du défi. »

La guerre dans la cour de récré
Tandis que l’écrivain Francisque Sarcey, dans son « Journal de jeunesse », paru en 1872, évoque son passage au collège sous la Restauration, sans paraître troublé de garder de tels souvenirs :
« En quelle classe était donc Courdevaux, celui qui a donné un coup de couteau à son professeur qui l’ennuyait ? »
Le lycée Louis-le-Grand connut, lui, huit révoltes d’élèves entre 1815 et 1883. Plusieurs nécessitèrent l’intervention de la police. Des lavabos furent brisés et des barres de fer de lits utilisées comme armes.
La cours de récré a par la suite continué à être le lieu de tous les dangers. Michel Serres, aujourd’hui philosophe, se souvient sans plaisir de son enfance, « bien avant la Seconde Guerre mondiale » :
« J’ai expérimenté là, dans la cour de récréation, une telle guerre, une telle violence que j’étais content de revenir en classe lorsque la cloche sonnait. »
Plus récemment, Hervé Hamon et Patrick Rotman ont comptabilisé, dans« Tant qu’il y aura des profs », les violences scolaires recensées par la presse entre 1979 et 1984. Au programme : rackets, affrontements entre bandes, viols, et même trois meurtres, dont deux d’adultes. La liste est impressionnante.

« Nous sommes devenus sages »

Claude Lelièvre va jusqu’à trouver que « nous sommes devenus sages » :
« Sous Jules Ferry, on compte 80 révoltes en dix ans, alors qu’il n’y avait que 100 lycées en France. Mathématiquement, il devrait y avoir beaucoup plus de violences aujourd’hui... »
Mais, pour le co-auteur des « Histoires vraies des violences à l’école », il reste impossible de comparer, de chiffrer l’évolution des faits. Car « la violence est systématiquement sous-estimée, aujourd’hui encore », et ce, particulièrement dans les établissements huppés.
Pour Claude Lelièvre, il est important de rappeler qu’il n’est « pas tout à fait naturel d’être à l’école » :
« S’y exerce toujours une pression, qui est moins bien ressentie à mesure qu’on avance en âge. »
L’âge fait d’ailleurs partie des variables « les plus explicatives » : c’est vers 11 ans que les préados commencent à s’énerver physiquement, pour tout donner entre 15 et 17 ans puis, à partir de 18 ans, cesser de jouer des poings.
Seconde variable : le sexe. Ce qui expliquerait la concentration des faits de violence dans certains établissement, notamment les lycées techniques, fréquentés surtout par des garçons. Quant aux collèges, également particulièrement concernés, il se peut quand même que nous assistions à un rajeunissement de la montée de l’agressivité chez les ados.

Cyberharcèlement

Nouveauté : si le harcèlement a toujours été pratiqué (« l’intensité de ce que subit le bouc émissaire est proportionnelle à l’intensité de la pression que subit le groupe »), il passe aujourd’hui aussi par les réseaux sociaux et les tablettes numériques. On parle de « cyberharcèlement ».
Ce cyberharcèlement peut prendre différentes formes  : humiliations, menaces, insultes, rumeurs, textos agressifs, à caractère sexuel ou diffusion d’images intimes – tout ceci de façon répétée.
La délégation ministérielle chargée de la prévention et de la lutte contre les violences en milieu scolaire, créée par Vincent Peillon en septembre 2012, se penche d’ailleurs actuellement sur la question.

vendredi 29 mars 2013

L'intégration scolaire pour tous.





Le processus judiciaire des parents de Joël a débuté en 2002 alors qu'ils contestaient, par l'entremise de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ), la décision de la Commission scolaire des Phares de mettre leur enfant dans une classe spéciale, qui était, de plus, à l'extérieur de son quartier.

La CDPDJ a obtenu gain de cause devant le Tribunal des droits de la personne en 2004 et cette décision a été confirmée par la Cour d'appel en 2006. La décision de la Cour d'appel de 2006 est finale puisqu'elle n'a pas été portée en appel. Il a donc été reconnu à ce moment que Joël avait été victime de discrimination, car les évaluations, le classement et l'intégration du jeune n'ont pas été faits en conformité avec les prescriptions de la Charte de droits et libertés de la personne.

La Cour d'appel a par ailleurs ordonné à la Commission scolaire un processus à suivre lors de la détermination du classement et des services à donner, pour éviter la récurrence de la discrimination.

re: http://www.lapresse.ca/le-soleil/opinions/points-de-vue/201302/08/01-4619798-lintegration-scolaire-pour-tous.php?fb_action_ids=10151404007458198&fb_action_types=og.recommends&fb_source=timeline_og&action_object_map=%7B%2210151404007458198%22%3A293626240762779%7D&action_type_map=%7B%2210151404007458198%22%3A%22og.recommends%22%7D&action_ref_map=%5B%5D

mardi 12 février 2013

Des Chênes procède à l'inauguration de l'école à l'Orée-des-Bois


En même temps qu'au dévoilement de l'œuvre «Tourne encore»

Les élèves et membres du personnel de la nouvelle école à l’Orée-des-Bois ont été des hôtes parfaits, le 24 janvier dernier, alors qu’avait lieu l’inauguration de l’établissement, en présence de nombreux invités d’honneur, parents et amis.
Sujets : 
école à l'Orée-des-Bois , école aux Quatre-Vents , Commission scolaire des Chênes
De l’accueil jusqu’à la visite de l’école, en passant par l’animation des cérémonies protocolaires et une démonstration des élèves dans toutes les sphères d’activité, les visiteurs ont pu vivre un deuxième moment historique en autant d’années, un an jour pour jour après l’inauguration de l’école aux Quatre-Vents.
Dévoilement de l'oeuvre
Cette rencontre a également permis le dévoilement de l’œuvre d’art «Tourne encore !», de l’artiste Marc-Antoine Côté, qui présente une toupie géante, laquelle symbolise « le mouvement et la vie qui nous entraînent toujours plus loin ».
Cette œuvre orne la devanture de l’école et on pourra la voir dans toute sa splendeur une fois l’hiver passé.
La création de «Tourne encore !» s’inscrit dans le cadre de la Politique d’intégration des arts à l’architecture et à l’environnement des bâtiments et des sites gouvernementaux et publics.
Le fait marquant de la soirée fut certes le court spectacle offert par les élèves de l’école, devant un auditoire conquis.
Musique, danse, art du cirque, présentations tant en français qu’en anglais, humour… le « menu » était imposant. Bref, les élèves et l’ensemble du personnel ont été à la hauteur de la situation et ont su accueillir leurs invités avec chaleur et originalité.
Un milieu de vie
La présidente de la Commission scolaire des Chênes, Jeanne-Mance Paul, n’a pas manqué de rappeler, lors de sa brève allocution, que bien que l’école soit occupée depuis septembre dernier, son inauguration a permis de célébrer un milieu de vie qui a rapidement su se donner une âme, une identité.
«Au-delà de la construction d’un bâtiment, nous fêtons aussi celles et ceux qui font de l’école à l’Orée-des-Bois un milieu de vie où on aime se retrouver, où tout est mis en œuvre pour apprendre, persévérer et réussir», a-t-elle noté.
Mme Paul a par ailleurs rappelé que la commission scolaire demeure fortement engagée dans le processus devant mener à l’ouverture d’une «école C» au cours des prochaines années.
Elle a réitéré son assurance aux élus que le Commission scolaire des Chênes, par l’ardeur qu’elle déploie dans la réalisation de ces projets majeurs, continue de tout mettre en œuvre pour offrir à ses élèves les meilleures conditions d’apprentissage qui soient.

Publié le 29 Janvier 2013 - L'Express

mercredi 19 décembre 2012

Victoria, l'héroïne.




C'est Victoria. Elle est morte en héroïne lors de la fusillade dans une école du Connecticut. Elle cacha ses élèves de première année dans les armoires et les placards, après avoir entendu les coups de feu. Lorsque le tireur est venu à sa classe, elle lui a dit que ses élèves se trouvaient dans la salle de gym. Il l'a alors abattu. Elle a sauvé la vie de tous ses élèves.



On peut être toute sa vie à essayer de comprendre, donner un sens à notre passage sur Terre. Certaines personnes choisissent de conquérir le monde pour le mettre sous sa botte et assouvir leur pulsion de domination. Tandis que d'autres se destinent plutôt à interagir dans le monde immédiat où elles évoluent. Et quelques fois dans son existence, sans trop savoir ou comprendre pourquoi, elles choisissent de poser une action dans le respect de la sauvegarde des valeurs qui leurs sont chères, parfois jusqu'au sacrifice de leurs vies. Ainsi va la vie. 

mercredi 11 avril 2012

Pour informer et prendre le pouls dans le dossier de l'école C

Publié le 4 Avril 2012
Gérard Martin
L'Express - Drummondville - Actualités
re: http://www.journalexpress.ca/Actualites/2012-04-04/article-2947122/La-CSDC-et-la-Ville-organiseront-une-rencontre-publique-a-la-mi-avril/1

Me Jean-François Houle
La CSDC et la Ville organiseront une rencontre publique à la mi-avril (18 avril).

La directrice générale de la Commission scolaire des Chênes (CSDC), Christiane Desbiens, a réitéré la ferme intention de son organisme de tenir une rencontre, possiblement à la mi-avril, afin d'échanger avec les intervenants concernés d'une façon ou d'une autre par le controversé projet d'implantation de l'école C dans le secteur Saint-Charles sur un terrain boisé de quelque 400 000 pieds carrés appartenant actuellement au Village québécois d'antan.

Parmi eux, on peut penser aux membres du Club de ski de fond Saint-François, qui dénoncent le fait qu'ils risquent ainsi de perdre une partie stratégique de leur réseau de pistes, et à des citoyens du secteur du Boisselier, qui invoquent l'amputation de ce couvert forestier, pour manifester en conséquence leurs doléances face à la concrétisation ce projet à cet endroit.
Dans un entretien téléphonique, Mme Desbiens a rappelé l'engagement signifié par la présidente de la CSDC, Jeanne-Mance Paul, au nom du conseil des commissaires, de faire preuve d'une grande transparence dans ce dossier en exposant la situation telle qu'elle se présente, tout en prenant compte des objections soulevées.
...
Le forum idéal
 
«Je suis disposé à participer à une rencontre ouverte d'informations et d'échanges qui dépasserait le cadre rigide de la période réservée à l'assistance», a manifesté Me Houle en exprimant le souhait que tous pourront en sortir gagnants.
«Les intéressés pourront donc poser toutes les questions, faire part de toutes leurs inquiétudes. Du côté de la Commission scolaire, ce sera le forum idéal pour expliquer le cheminement de tout le dossier, de voir les alternatives possibles mais également d'expliquer les contraintes qui nous limitent», a fait part le commissaire Houle tout en accordant sa confiance au dialogue et aux capacités de l'un de comprendre la situation de l'autre.

Pour 2013-2014
 
La directrice générale de la CSDC, Christiane Desbiens, en est une autre qui croit aux vertus d'une rencontre ouverte pour permettre à chacun de bien exprimer son point de vue et de le peaufiner.
Mme Desbiens reconnaît que certains chiffres peuvent faire peur à priori comme lorsque l'on parle des quelque 400 000 pieds carrés requis, sauf qu'il faut mettre en perspective le fait que le bâtiment scolaire n'occupera que 7% de cette superficie et que bien des possibilités sont existantes pour l'aménagement de l'espace des autres services.
Selon la directrice générale de l'organisme scolaire, il est déjà acquis que des bandes boisées seront préservées d'où les possibilités qui s'offrent pour le ski de fond, par exemple.
Christiane Desbiens n'ose pas s'avancer sur les incidences de la contestation citoyenne sur le choix de l'emplacement de l'école C, mais elle est la première à admettre que ce n'est pas par caprice que l'échéancier a été élaboré en fonction d'une ouverture en 2013-2014 en raison de la pression de la clientèle du territoire pédagogique sur les deux écoles existantes.

lundi 12 décembre 2011

Conte de Noël


C'est un texte, en continu, déjà commencé il y a trois ans maintenant, mais que je tarde à finir, je ne sais trop pourquoi (j’attends l'inspiration, peut-être) et qui raconte certains souvenirs de mon enfance durant le temps des fêtes. Un texte, style conte de Noël, que je souhaite laisser à ma postérité, genre...




« Clinc, keclinc, clinc, keclinc… » Le bras dans les airs, je brassais la cloche de larges coups saccadés. Cette semaine c’est moi qui a été choisi pour signaler la fin des cours. Privilège s’il en est un, j’éprouvais une certaine fierté d’avoir la responsabilité de sonner la fin des classes. En temps normal, je prenais mon temps pour savourer ce moment attendu avec impatience. Mais aujourd’hui c’est un jour spécial. Rapidement je retournai à mon pupitre pour ramasser mes livres, cahiers et crayons que je m’empressai de fourrer dans mon sac d’école. Sans trop tarder et très excité, dans la cohue du départ pour le congé des fêtes, j’ai rejoint mes camarades, dans le corridor, qui s’emmitouflaient déjà dans leurs manteaux d’hiver. Manteaux, mitaines, tuques et bottes virevoltaient et s’enfilaient rapidement à travers les bousculades et les rires dans le chahut, qui pour une fois étaient tolérés par notre enseignante. On voyait bien que pour la forme, mademoiselle Villiard tapait des mains en répétant, à qui voulait l’entendre, de baisser le ton. Mais son regard complice et son sourire complice aux lèvres en disaient long. On devinait qu’on pouvait transgresser la loi du silence, habituellement de mise en pareille circonstance. Enfin, ce moment tant espéré est arrivé : le long congé des fêtes de Noël, du Jour de l’an et de l’Épiphanie. Je précise l’Épiphanie, car dans ces années-là, il était toujours d’usage et de plaisirs avoués, de festoyer le 6 janvier de chaque année pour souligner l’évènement de la quête des rois mages.
D’un pas pressé, quoique gênés par nos habits d’hiver et notre sac à dos en bandoulière, nous descendions l’escalier en ciseau, tel un troupeau de veaux excités à l’idée d’aller se dégourdir les pattes à l’extérieur après de longs mois encabané. Dehors, après seulement quelques minutes de marche, l’air sec et froid malgré le soleil, nous collait les narines. Mais qu’importe, pour les 15 prochains jours bien comptés, nous étions en congé des fêtes. Il faut dire que je n’habitais pas bien loin de l’école. Aussi, très tôt, dans le tournant de la route, je pouvais apercevoir mon grand frère occupé à pelleter la neige pour consolider le fortin que nous étions à construire. De retour du pensionnat depuis deux jours, il était manifestement heureux d’être de retour parmi nous pour cette période toute spéciale de l’année.




Sans plus attendre, j’ai déposé mon sac par terre. «Salut m’man, je retourne dehors». Cela n’a pas pris beaucoup de temps, que nous nous retrouvions sept inséparables à travailler dans nos fortifications. En effet, comme l’an passé, on se proposait de construire deux abris de combat, situés à distance de propriétés voisines. Nous pouvions ainsi former deux équipes, qui s’affrontaient le temps d’une rixe préméditée, pour les besoins du jeu. Afin d’assurer une solidité accrue aux abris de combat, nous avions pensé à un moyen fort ingénieux. Nous allumions un feu à l’intérieur de l’enceinte. La chaleur dissipée faisait fondre les murs intérieurs et glaçait les parois, assurant ainsi une durée de vie à ces ouvrages pendant une bonne partie de l’hiver. Le soleil était couché depuis un bon moment lorsque nous sommes rentrés pour souper. Les joues chaudes de froid picotaient notre épiderme rougi de santé; mais ô! Tellement heureux de songer que nous étions à seulement 24 heures de la veille de Noël.

Le lendemain, probablement causé par l’énervement, je fus le premier éveillé. Les yeux grands ouverts, je balayais du regard la pièce que je partageais avec mon frère ainé. Nous habitions un cottage où nous dormions à l’étage. Mes parents ont aménagé dans cette maison avec l’intention de finaliser eux-mêmes une partie de la construction. Mais comme nous étions de milieu ouvrier, et que notre famille était composée de quatre frères et cinq sœurs, ce fut assez long avant que les travaux de finition ne se fassent, priorité de dépenses oblige. Ainsi, lorsque j’étais en bas âge, tout l’étage était partagé en quatre avec de grands morceaux de tissus bleus marines opaques suspendus, qui adonnaient sur un corridor commun central menant à l'escalier de chêne verni. Les murs extérieurs, le plancher et le plafond en appentis étaient recouverts en planches de bois d’épinette lambrissée. Ce qui donnait une apparence modeste et plutôt rustique à la maison.



Au réveil, tôt le matin, on descendait rapidement l’escalier pour aller se réchauffer sur l’unique bouche d'air pulsé de la fournaise à l’huile, installée au niveau du rez-de-chaussée. Nous passions de longues minutes debout sur la grille à nous bousculer en geignant encore endormis, partageant cette unique source de chaleur localisée dans la cuisine, pièce centrale de la maison. L’air chaud soufflé qui s’engouffrait dans nos pattes de pyjamas, les gonflait telles des montgolfières et nous confortait d’une douce chaleur. Comme beaucoup de maisons bâties après la Grande Guerre, autour de la cuisine gravitait le salon, le garde-manger, la chambre des parents, la cage d’escalier, la salle de toilette, la cuisinette et une pièce de rangement. Les chambres d’enfants étant à l’étage. Ce matin, j’étais donc le premier debout. Aussi, après une halte rapide au dessus de la grille de la fournaise, je me dirigeai vers le salon.






La crèche peinte en vert que mon père avait fabriquée avec des pièces de bois et du verre assorti de collants d’étoiles et de séraphins, était couverte d’un toit décoré de papier crêpé imitant une roche grisâtre nervurée d’un celant plus pâle, et reposait sous le sapin paré de milles artifices. D’une année à l’autre, je ne me lassais jamais d’admirer cet arbre majestueux rempli d’une multitude de lumières aux couleurs vives de l’arc-en-ciel, de nombreuses décorations aux formes variées de boules glacées et colorées, de gouttes d’eau stylisées allongées, d’étoiles scintillantes, d’anges ailés, d’oiseaux multicolores et de glaçons brillants d'aluminium argentés. Moulés dans le plâtre et peints à la main, tous les personnages principaux de la nativité complétaient la scène, à l’exception du petit Jésus en cire. On y voyait Marie recueillie, les mains croisées posées sur sa poitrine, et Joseph agenouillé, s’appuyant sur son bâton de pèlerin, le regard attendri, tous deux tournés vers le berceau rempli de paille jaune à ras bord. Deux bergers, l’un debout portant un agneau sur ses épaules et l’autre accroupi en prière, quelques moutons laineux ainsi que les rois mages prosternés, offrant la myrrhe, l’or et l’encens, se tenaient en retrait de la scène. Sans oublier le bœuf couché et l’âne, bien campé sur ses pattes, qui ruminaient relaxant près de la mangeoire laquelle faisait office de berceau. Et comme il était de coutume, chez nous, l’enfant Jésus était absent du décor. Mon père, un homme plutôt rationnel et taciturne, ne laissait pas beaucoup de place à la rêverie et à l’imaginaire. Pourtant, il accordait une grande importance à la mise en scène de l’enfant Jésus, qui était déposé dans son berceau seulement lorsque l'horloge sonnait les 12 coups de minuit dans la nuit de Noël. C’était sans doute sa façon à lui d’exprimer son émerveillement et sa foi de catholique pratiquant.


Nous avions comme consigne de ne pas illuminer l’arbre de Noël sans la présence de nos parents. C’était sans doute causé par la peur du feu. Mais je me plais à penser, que peut-être souhaitaient-ils que l’on conserve ainsi un souvenir inoubliable, quoique nostalgique, de cette nuit de rêve, en réservant l’illumination du sapin pour ces moments magiques et solennels. Dans un sens, cela a peut-être du vrai. Il fut un temps où la pauvreté des gens ainsi que la production limitée des biens de consommation étaient telles, que les journées spéciales revêtaient un caractère sacralisé qui se refléta dans notre manière de vivre. Lorsque l’on grandit en sachant que nous porterons des vêtements raccommodés ou recyclés et que les souliers de l’ainé devront bien faire l’affaire, s’ils ne sont pas brisés, même si défraichis, il était normal de réserver pour le dimanche, journée obligatoire de repos décrétée par notre sainte mère l’Église, et pour les festivités, nos plus beaux habits et notre meilleure bouffe. Par la suite est venue l’abondance. Il en résultait pour une majorité d’entre nous, que les vêtements de qualité et les repas variés sont devenus monnaie courante dans la vie de tous les jours. Ce fut le temps de l’opulence. Le temps où s’endimancher n’avait plus la même signification.

Cela n’a pas tardé, Maman était déjà debout. Elle savait bien que cette veille de Noël serait une journée très chargée. Et comme à l’habitude, elle profitait de ce moment en se levant encore plus tôt pour entreprendre les tâches ménagères qui naturellement lui étaient dévolues. Ainsi, comme tous les matins que le Bon Dieu amène, comme elle le disait si bien, elle s’affairait autour de la laveuse à linge pour faire une brassée. Après un premier cycle de lavage à l’eau savonneuse, elle prenait le linge lavé pour le passer dans le tordeur. Deux rouleaux beiges en caoutchouc dur, accolés l’un contre l’autre à l’horizontale au dessus de la cuve de la laveuse, et qui tournait en sens contraire. La pression exercée sur le linge trempé que l’on y insérait faisait en sorte que celui-ci, essoré, était prêt pour la prochaine étape du rinçage. Celui-ci était essoré à nouveau, de la même manière, avant d'être suspendu pour sécher à l'extérieur. Durant les mois d’hiver, le linge raidi par le gel était rentré et finissait de sécher dans nos chambres à l'étage. Pour cela, parallèles aux draps séparateurs, étaient accrochées des cordes en rangée où était suspendu le linge humide. Cela vous donne une idée de l’environnement dans lequel nous avons grandi. Tous les jours, le même scénario se répétait. Heureusement, elle se faisait aider les fins de semaine par mes sœurs les plus âgées, en excluant l’essorage, cette étape étant jugée trop dangereuse par mes parents. Après le lavage, elle s’affairait dans la cuisinette pour préparer le déjeuner. Comme c’était congé d'école pour tous, mes sœurs aînées devaient participer aux travaux ménagers. Quant à nous, les garçons, nous devions aider à l’entretien de la maison en accomplissant les tâches plus costaudes, comme pelleter l’entrée de cour. Nos tâches ménagères se limitant plutôt à sortir les poubelles et essuyer la vaisselle. Je me souviens, comme toutes les veilles de Noël, la pression était très haute, et lorsqu’elle passait la mope sur le plancher, on l’entendait de sa voix agacée, nous crier : « Passes pas dans mes tas de poussière, scram qu’elle nous criait. » Ou bien encore : « Évade de là. Voulez-vous bien, aller jouer ailleurs. » Nous savions que nous avions intérêt à nous effacer. Question de faire baisser un peu la pression.







Entre temps, j’ai assisté à une conférence en novembre 2011 dont le sujet traitait de l’aspect historique des crèches dans le cadre de la naissance de Jésus. Conférence donnée par Monsieur Rodolfo Felices Luna,  doctorant en théologie de l’université de Sherbrooke. Celui-ci nous fit la démonstration que la nativité telle que véhiculée par la tradition chrétienne ne reposait que sur les dires de l’apôtre Luc, ses congénères Paul, Marc, Jean et Mathieu ayant une version beaucoup plus conventionnelle de la naissance et de l’enfance du Christ.

lundi 31 octobre 2011

Bénévolat dans l'implication parentale scolaire

Savez-vous qu’un parent cheminant au côté de son enfant et qui décide de
s’investir comme membre d’un conseil d’établissement dans une école
primaire aura consacré plus de 125 heures de bénévolat (2h par réunion) à
la fin de son parcours? Sans compter sa présence aux assemblées
générales en début d’année, ses rencontres personnelles avec les
professeurs, son aide aux devoirs et leçons à la maison et sa
disponibilité à l’intérieur d’organismes de participation parentale
(OPP) dans le cadre des sorties des enfants, ou encore d’activités
d’émulation ou de socialisation à l’école, ou de support à la
bibliothèque scolaire. S’il veut participer au comité de parent de sa
commission scolaire, c’est près de 200 heures (3h par réunion)
additionnelles qu’il consacrera tout au long du cheminement scolaire de
son enfant au primaire en tenant pour acquis que son transport pour
assister à ces réunions sera majoritairement à ses frais.

S’il décide de continuer son engagement au secondaire, c’est le même nombre
d’heures qu’il aura investi au conseil d’établissement de son école,
soit 125 heures (3h par réunion) et sa participation au comité de parent
l'aura privé de 135 heures d’émissions de télévision ou d’activités
personnelles. S’il préside ces réunions, il devra augmenter quelque peu
ses heures d’implication pour la préparation de chaque rencontre.
Naturellement, comme il aime ce qu’il fait, on lui demande de le faire
gratuitement. Bien sûr, c’est sans compter les nombreuses heures de
lectures qu’il se tapera chez lui afin d’assimiler les informations
pertinentes et d’obtenir la formation adéquate pour maîtriser ses
dossiers et qu’ainsi les bonnes décisions soient prises dans le meilleur
intérêt des élèves pour favoriser leur réussite scolaire. Si son
intérêt croît avec l’usage et qu’il est choisi par ses
pairs, il pourra cheminer en tant que directeur de région à l’intérieur
de la Fédération des comités de parent du Québec. Il devra être prêt à y
consacrer une soixantaine d’heures par année loin de sa famille. Niveau
de vie oblige, s’il n’est pas monoparental, il accomplira ces
différentes tâches en sus de son travail journalier dans 65% des cas
conjointement avec son partenaire de vie, ce qui lui permettra d’amasser
les argents nécessaires pour payer les frais de subsistance de sa
famille.

Et un futur challenger, candidat potentiel à la prochaine course
électorale provinciale, est persuadé que ce n’est pas suffisant. Il
préconise plus de responsabilités, donc plus de disponibilité de la part
des parents aux conseils d’établissement des écoles et dans les autres
structures parentales. Je me demande bien où il était lorsqu’on lui a
confié la responsabilité du Ministère de l’Éducation. Si on reconnait un
arbre à ses fruits, demandons-nous donc ce qu’il a su réalisé par
lui-même au sein de ce gouvernement lorsqu’il était au pouvoir?

Comme bien d’autres parents, de nombreuses heures d’implication parentale
personnelles dans ces structures me permettent de constater que,
malheureusement, certaines personnes sont carrément mal informées et
reposent leur jugement sur des témoignages tendancieux, sinon erronés et
dans d’autres cas, semblent plutôt défendre leurs intérêts partisans ou
électoraux au lieu de promouvoir des actions positives, réfléchies, et
constructives pour aider les élèves dans leur cheminement vers la
réussite scolaire. Ce n’est pas de démagogie infantile dont nos enfants
ont besoin pour mieux réussir à l’école, mais bien de personnes qui
réfléchissent et agissent en adulte dans les actions à poser afin
d'appuyer les efforts que ceux-ci doivent fournir, et ce à tous les
jours. Avant de préconiser à qui veut l’entendre l’abolition des
commissions scolaires prenons donc la peine de mieux s’informer sur ce
que font de positifs les commissions scolaires et d’analyser cette
option en connaissance de cause basée sur des informations réalistes et
véridiques, non pas sur des impressions ou des préjugés.

Si certaines personnes veulent changer des choses, qu’elles aient
l’honnêteté de fournir noir sur blanc, en quoi leur proposition
saura-t-elle améliorer la gestion de notre système public d’éducation,
organigrammes, évaluation et rôle du personnel à mettre en place et
déposer les chiffres à l’appui? Si le cœur vous en dit, les séances du
conseil des commissaires sont publiques. Passez donc nous dire bonjour. À
mieux se connaître, ce sont nos enfants qui en sortiront gagnants.

François Langlois, commissaire à la Commission scolaire des Chênes